Je révise, mais mon esprit vagabonde çà et là. Je regarde par la fenêtre - j'aime tellement le paysage qui s'offre à ma vue. Des arbres, un grand pan de ciel dégagé tout blanc, et de jolies villas avec leur cheminée qui fume. J'imagine la vie des habitants à l'intérieur. En train d'étudier peut-être, de regarder la télévision, ou de lire au coin du feu... Je pense à Heidi. Cette ambiance montagne, chalet confortable, gros poêle, neige dehors, chaleur humaine dedans. En me réveillant ce matin et en voyant le temps, j'ai eu envie de lire le poème Novembre d'Emile Verhaeren - c'était exactement ça : le ciel blafard, les arbres dénudés, la solitude d'un dimanche hivernal. Quelques passants - où vont-ils ? rejoindre quelqu'un ? -, quelques voitures - des gens qui vont rendre visite à leur famille, à une grand-mère peut-être ? Ou alors qui vont au cinéma ? Ou se promener sur la plage, oh quelle mélancolie, un dimanche de décembre, ciel gris et pluvieux, marcher au bord de la mer, petite fourmi perdue dans tant d'immensité... Envie de présence humaine. En même temps, tout cela est très reposant, poétique. Le temps s'écoule lentement. La vie s'égrène doucement. Je pense à mes parents. Ils m'ont eue jeunes : ma mère avait 24 ans quand je suis née. Je me fais la réflexion qu'à presque 23 ans, je suis bien loin d'avoir la même vie qu'elle à l'époque. Pas de mariage en vue, pas d'installation avec mon mari, pas d'enfants. Elle a commencé tôt sa vie en couple, sa vie d'adulte, tandis que j'imagine plutôt la mienne débuter à trente ans.
Je pense à Guillaume. Dans une semaine, je serai en ce moment chez lui, à ses côtés, au sein de sa famille, avec ses parents et sa soeur. Chaleur humaine. On ira au cinéma, et on se promènera main dans la main dans la campagne sous le ciel blanc de décembre...

