Après avoir vu la bande-annonce du film (qui sort le 15 juillet ! wouhou !! =D), j'ai décidé de relire HP6 le week-end dernier (c'était aussi pour m'occuper, trois jours sans rien de prévu, c'est long...). dans la foulée, j'ai enchaîné sur le 7 que je n'avais encore jamais lu en français. cette saga est tellement géniale, j'ai retrouvé cette espèce d'état d'hypnose exaltée dans laquelle elle me plonge : ces livres arrivent à me faire oublier totalement le monde extérieur, je peux passer des heures - des journées - d'affilée à lire sans jamais me lasser, tellement ça me fascine, me transporte. parfois je me dis que je suis amoureuse de cette série, ça y ressemble presque à certains moments, je ressens une espèce d'élan d'excitation et de ravissement douloureux tellement j'adore Harry Potter (pas le personnage mais bien la série), tellement je trouve que c'est bien conçu, bien pensé, tellement on arrive bien à s'identifier aux personnages, tellement on a l'impression d'être en train de vivre ce que vit Harry, qu'on ressentirait, penserait et ferait les mêmes choses si on se trouvait à sa place ou à la place des autres personnages...
C'en est presque dangereux d'adorer à ce point Harry Potter, je me souviens d'une époque où je ne vivais que pour ça, je passais mon temps libre à recopier fièvreusement des sites à ce sujet, et même à traduire des interviews en anglais de JKR... et une fois, j'avais relu les quatre premiers tomes une énième fois, et j'avais été terriblement déprimée à la fin, d'une part parce que c'était triste de se séparer des personnages qu'on avait suivis jusque là, que c'était longtemps avant que ne sorte le cinquième tome et que l'idée de devoir attendre la suite plusieurs années encore était insupportable, et puis surtout, parce que je trouvais que la vie, la vraie vie, notre monde était d'une nullité et d'une platitude sans égales par rapport au monde des sorciers. j'aurais aimé vivre dans le monde d'Harry Potter, aller à Poudlard, avoir des pouvoirs moi aussi et vivre pleins d'aventures et de choses extraordinaires... c'est assez honteux à avouer mais maintenant encore, quand je sors de plusieurs heures de lecture passionnée d'un de ces bouquins, eh bien je ressens cette espèce de vide, de déprime et de déception en pensant que non, ce n'est pas réel, je vis dans le vrai monde "pas intéressant" des gens normaux...
Je disais plus haut que les Harry Potter avaient la faculté de me faire oublier complètement le monde extérieur, c'est quelque chose que j'adore et que je déteste à la fois. parce que je trouve qu'après c'est difficile de se remettre dans le bain des contraintes matérielles, de se dire "bon, demain je retourne travailler, il faut aussi que j'aille faire des courses, que je pense à redéposer un CV au supermarché pour trouver du boulot et que je commence à m'intéresser à cette histoire de logement étudiant et de combien ça va me coûter, tout ça, à la rentrée..." et là, là tout à coup : c'est le choc. non, je ne peux pas passer mes journées délicieusement installée dans mon lit à lire Harry Potter sans me préoccuper de rien autour de moi, eh non, pour le moment j'ai une chance inouïe et on s'occupe encore de moi jusqu'à la fin de l'été, mais après ça ça sera fini : je devrai alors m'assumer entièrement, et je ne pourrai compter que sur moi-même pour obtenir de quoi payer mon loyer, mes factures d'eau et d'électricité et ma nourriture ! (bon, je compterai aussi sur l'Etat qui - heureusement - me versera 400 euros par mois mais quand même, ça risque de ne pas être suffisant).
Et du coup je commence (enfin XD) à angoisser en pensant à cette fameuse rentrée... pas trop encore pour les cours mais surtout pour la question de l'argent (comment je vais faire ? trouver un job étudiant bien sûr, mais c'est plus facile à dire qu'à faire) et du logement : me renseignant là-dessus tout à l'heure, j'ai vu que l'attribution n'était faite que fin juin, et que très peu de personnes se voyaient attribuer un T1, chose que j'ai demandée ! j'aurais dû demander "chambre, toute résidence", mais voilà, je n'ai demandé que des T1... et maintenant je commence à m'inquiéter, si fin juin on me refuse mon studio, qu'est-ce que je vais faiiiiiiiiire ??? chercher une chambre chez un vieux, mouaif, je vois déjà un tas d'inconvénients, j'imagine des accès de violence et de méchanceté envers cette pauvre personne âgée XD, comme ça m'arrive avec les animaux... (non non, je ne les tabasse pas, mais je les torture un peu psychologiquement et je leur fais peur ^^''). en plus comme je serai sous pression à cause du travail scolaire (je ne me fais quand même pas d'illusion, je sens que je risque d'être très angoissée à ce sujet parce que ça sera difficile de s'y remettre, et aussi de réussir brillamment, ce que Suzanne, le directeur et Clerivet attendent implicitement de moi...), et de la question de l'argent et du travail à côté, j'ai peur d'être souvent irascible voire carrément méchante (votre gueule madame la vieille, rien à foutre de vos tracas j'ai du boulot chut me dérangez pas me parlez plus non j'ai pas le temps désolée je dois travailler...)
Bref. Tout ça pour dire, pour dire... merci Harry de m'avoir brutalement rappelé que je vis dans le monde réel, et que je vais avoir du pain sur la planche très bientôt...
Oh, autre chose aussi : je me demande si ce qui me/nous plaît tant dans Harry Potter, ce n'est pas le fait qu'ils vivent une guerre ; une vraie situation de vie ou de mort, où il faut s'engager, où chaque action compte réellement... ça donne une intensité et surtout un BUT à l'existence de chacun : s'engager dans l'un des camps et se battre pour le défendre et l'amener au pouvoir... il y a des gens qui meurent, on "sauve des vies", on s'entraide, les notions de valeur de chaque existence humaine et de fraternité sont exacerbées, on vit pour une cause, on développe des talents insoupçonnés... mon dieu, je suis presque en train de conclure sur : "rien ne vaut une bonne guerre", je crois que je vais m'arrêter là pour ce soir XD... mais quelque part je vois un peu pourquoi on peut dire une chose pareille...
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